Retour sur un séjour au Museu da Pessoa (Brésil) - Sandra Gasana

Formation au Musée de la personne de São Paulo…
Janvier 2010

L’expérience vécue durant ce séjour fut très enrichissante. Tout d’abord, il y a eu la rencontre avec l’équipe du musée de la personne de São Paulo (MDLPSP). Après une présentation brève des membres clés du musée, nous nous sommes présenté à notre tour : Eve-Lyne et moi pour le projet Histoires de vie, Catherine et Carla pour le volet Musée de la personne/Centre d’Histoire de Montréal. Cela m’a permis d’en savoir un peu plus sur les différents projets qui se faisaient à Montréal et dont je n’étais pas vraiment au courant.

Durant notre présentation sur le projet HDV, Eve-Lyne et moi avons tenté de faire le tour de notre projet, d’abord dans son ensemble puis en allant plus en profondeur, à la demande de nos hôtes. Un aspect qui a émerveillé le groupe est le logiciel de base de données Stories Matter. Ils étaient réellement fascinés par cet outil et ses multiples fonctionnalités. Ils aimeraient cependant mieux l’adapter à leurs besoins et développer l’aspect interactif avec la communauté.

L’autre aspect qui les a fascinés est notre conception du « digital storytelling » et sa méthodologie participative. Dans leurs cas, les histoires numérisées ou « numérhistoires » ne sont pas réalisées en collaboration avec les interviewés. Ils choisissent eux-mêmes les passages de l’entrevue qu’ils souhaitent mettre en avant, font le montage dans le studio du musée et présentent des séquences d’entrevues sur leur site, mais aussi lors d’événements auxquels ils participent. Cela permet d’avoir une fluidité dans la réalisation de ces histoires, mais l’interviewé n’a pas vraiment son mot à dire sur le produit final. Ils aimeraient voir comment ils pourraient améliorer tout cela et s’inspirer de notre méthodologie, sans que cela prenne trop de temps. Cela dit, il est mentionné d’emblée dans le formulaire de consentement que les histoires seront ensuite diffusées sur internet.

Un de leurs points forts est l’archivage. Nous avons visité leur salle d’archives qui se trouve dans une salle à température contrôlée. Dans cet espace, ils classent les DVD, mini DV, mini-disc, CD, Betacam, DVCAM, leurs photos sur format CD, les fiches personnelles de chaque interviewé, tous les projets numérotés et par ordre alphabétique. Tout est centralisé dans cette salle. Le seul problème, c’est qu’il n’existe pas d’exemplaires de toutes ces archives ailleurs qu’au musée. Cela reste une de leurs préoccupations.

La méthodologie de la mémoire du MDLPSP ouvre la porte à plusieurs projets éducatifs. Ils sont présents dans les écoles et forment par la suite les professeurs afin qu’ils puissent, à leur tour, perpétuer cette méthodologie. Ils offrent des formations sur les entrevues, l’écoute active et l’évaluation de ces entrevues. De plus, une grande place est attribuée aux cercles d’histoires, pratique populaire, et aux entrevues thématiques de courte ou longue durée.

Le MDLPSP diffuse ses clips sur une chaîne de youtube, spécialement dédiée à eux et qui est gratuite. Ils ont récemment organisé une campagne de mobilisation pour récolter, via internet, des histoires qui changent le monde, d’une durée de 1 minute. Une participation massive a résulté de cette campagne, qui fut un franc succès. Ils aimeraient poursuivre dans cette voie, à savoir stimuler leur audience à produire du contenu et rendre ces histoires accessibles. Ils ont présentement plus de 10 000 histoires dans leur archive, 700 vidéos montées et environ la moitié figurent sur la chaîne youtube du musée. Leur plus grand défi en ce moment, c’est de créer un nouveau site web d’ici la fin de l’année 2010 qui serait plus interactif.

Pour le volet plus technique, j’ai passé beaucoup de temps avec le responsable de la postproduction au musée et j’ai énormément appris de leur façon de fonctionner. Nous sommes passés à travers toutes les étapes de postproduction. Dans certains cas, nos pratiques étaient très similaires et dans d’autres cas, pas du tout. Plusieurs types de vidéos sont réalisés au musée : des clips d’entrevues, des clips avec des photos, musique et narration et enfin, des clips seulement de photos. Nous avons passé du temps sur l’équipement, le processus pour la réalisation de chaque type de vidéos et les différents logiciels utilisés.

Pour terminer, la publication de manuels tient une grande place dans le travail du musée. Ils documentent absolument tout et publient un livre à la suite de chacun des projets. Les livres sont de très bonne qualité, attrayants et donnent envie d’être lus. Nous avons ramené quelques livres de leur grande collection avec nous et vous pourrez les consulter, au besoin.