Appel à communications

AU-DELÀ DES TÉMOIGNAGES ET DES TRAUMATISMES:
l’histoire orale au lendemain de la violence de masse

du 22 au 25 mars 2012, Montréal (Québec), Canada

« Nous avons beaucoup à apprendre – tant sur nous-mêmes que sur les survivants – en réfléchissant sur les différentes façons dont les récits des survivants ont été recueillis, utilisés et interprétés. »
- Henry Greenspan, On Listening to Holocaust Survivors (2e édition), ix.

On dit parfois que nous vivons à l’« ère des témoignages ». Les témoignages des survivants de guerres, de génocides et d’autres violations des droits de la personne remplissent nos ondes et nos rayons de bibliothèques. Des extraits de témoignages émouvants ponctuent régulièrement les rapports publics des organismes de justice sociale. De vastes projets de collecte de témoignages ont recueilli et enregistré des dizaines de milliers d'histoires personnelles. Des milliers d’autres ont raconté leurs histoires atroces à des commissions de vérité et de réconciliation et dans des salles d’audience partout dans le monde.

Une forme et une rhétorique conventionnelles ont été développées au fil des témoignages de survivants. En général, les survivants sont perçus comme des témoins oculaires ou des traumatisés de l’histoire. Les témoignages et les traumatismes sont dès lors fermement ancrés dans les discours juridiques et médicaux. Les témoignages de survivants sont devenus familiers, véritablement omniprésents.

Une logique politique sous-tend la conduite d’entrevues auprès d’un grand nombre de survivants. Il faut reconnaître les injustices passées et présentes et démontrer leur étendue. Mais qui écoute ces centaines de milliers d’heures d’enregistrement de témoignages? Les vastes projets de collecte de témoignages réduisent-ils sans le vouloir l’incidence à long terme de la violence qui se répercute sur les vies de personnes, de familles et de communautés? Les survivants ne deviennent « survivants » qu’après avoir vécu la violence. Quelles orientations prennent alors leurs vies? Quand et comment leurs souvenirs sont-ils racontés? Comment saisir la complexité du travail des survivants comme éducateurs et militants? Que penser de ceux qui refusent de parler, d’attester ou de témoigner? Comment utiliser éthiquement les histoires de vie en faveur des droits de la personne et dans la salle de classe?

Le colloque intitulé « Au-delà des témoignages et des traumatismes » invite les participants à réfléchir sur les nombreuses façons dont les historiens oraux, artistes, éducateurs, professionnels des nouveaux médias et survivants eux-mêmes abordent les histoires de vie de ces derniers. Il vise également à étudier des projets collaboratifs dans lesquels les survivants agissent comme des partenaires et non seulement comme des sources historiques ou des sujets d’étude. Quelles sont les exigences légitimes d’une approche plus holistique ou plus coopérative pour raconter de nouveau le vécu des survivants? Quelles sont les implications politiques et éthiques des différentes façons d’aborder les témoignages des survivants?

Le colloque est organisée par le Centre d’histoire orale et de récits numérisés de l’Université Concordia, l’Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne et le projet Histoires de vie Montréal, qui ont formé une alliance de recherche communauté-université de sept ans. Cette alliance a étudié la vie de Montréalais déplacés par les guerres, les génocides et d’autres violations des droits de la personne.

Ce colloque international coïncide avec la tenue d'un événement de grande envergure qui soulignera l'aboutissement de notre projet. D'une durée d'un mois, cet événement comprendra divers événements publics tels que des projections de films, des conférences publiques, des performances artistiques ainsi que des tables rondes. Chaque soir pendant le colloque, le grand public pourra assister à une conférence d’un invité important ou à un performance artistique en lien avec l'histoire orale. Nous espérons que vous vous joindrez à nous au mois de mars prochain à Montréal.

Date limitepour soumettre des propositions (articles, présentations, installations, tables-rondes, etc.) : 15 octobre 2011.

Veuillez soumettre votre proposition de communications accompagnée de votre curriculum vitae (1 page) au professeur Steven High à l’adresse suivante : shigh@alcor.concordia.ca.